Lors d’un 5 à 7 récemment, quelqu’un a proposé un petit rituel.
Chacun devait lever son verre à quelque chose qu’il souhaitait célébrer.
Les réponses étaient belles.
La santé.
L’amitié.
La famille.
Les projets.
Lorsque mon tour est arrivé, je me suis surprise moi-même en disant :
« Je lève mon verre à la persévérance! »
En prononçant ces mots, j’ai réalisé que je ne célébrais pas le fait de continuer coûte que coûte.
Je célébrais plutôt le courage de rester fidèle à une vision.
Parce que, soyons honnêtes…
Les projets qui ont du sens rencontrent presque toujours des obstacles.
Il y a les moments où l’on doute.
Les moments où l’on est fatigué.
Ceux où les résultats ne sont pas encore au rendez-vous.
Les moments où l’on se demande si l’on est sur le bon chemin.
Et parfois même ceux où l’on se demande si l’on devrait tout arrêter.
Je pense que nous avons parfois une vision un peu faussée de la persévérance.
Comme s’il fallait toujours pousser plus fort.
Faire davantage.
Résister.
Pour moi, ce n’est plus ça.
Je crois qu’il existe une immense différence entre se faire violence et faire preuve de courage.
Se faire violence, c’est continuer alors que tout en nous crie d’arrêter, simplement parce que l’on refuse d’écouter.
Le courage, lui, ressemble davantage à ceci :
Reconnaître qu’un défi est bien réel.
Accepter qu’il nous dépasse parfois.
Oser demander de l’aide.
Chercher les bonnes personnes.
Apprendre.
S’ajuster.
Changer de stratégie lorsqu’il le faut.
Et malgré tout cela…
Continuer à avancer.
Pas parce que le chemin est facile.
Mais parce que la vision est toujours vivante.
Je crois profondément que la vision est ce qui nous permet de traverser l’adversité, parce que la vision donne du sens.
Lorsque nous perdons de vue ce qui nous habite profondément, les obstacles prennent toute la place.
Ils deviennent plus grands que le projet lui-même.
Mais lorsque nous restons connectés à ce qui nous appelle…
Chaque difficulté retrouve sa juste dimension.
Elle ne disparaît pas.
Elle devient simplement une étape.
Je le constate de plus en plus dans ma propre vie.
Chaque fois que je me retrouve devant un défi, j’essaie de me poser une question toute simple :
Est-ce que je suis en train de me faire violence… ou est-ce que je suis en train de faire preuve de courage?
Pour moi, la différence est immense.
Le courage respecte.
La violence intérieure exige.
Le courage demande parfois de ralentir.
La violence intérieure nous pousse à accélérer.
Le courage accepte de ne pas tout savoir.
La violence intérieure nous fait croire qu’il faudrait réussir seuls.
Et c’est peut-être là que se cache la plus belle forme de persévérance.
Non pas dans le fait de ne jamais tomber.
Mais dans notre capacité à garder les yeux tournés vers ce qui donne du sens à notre chemin.
À demander de l’aide lorsque c’est nécessaire.
À nous entourer des bonnes personnes.
À continuer d’apprendre.
À accepter que le chemin soit rarement une ligne droite.
Et à croire que chaque petit pas, aussi imparfait soit-il, nous rapproche de la personne que nous souhaitons devenir.
Aujourd’hui, si je lève mon verre à la persévérance, ce n’est pas parce que je crois qu’il faut toujours être fort.
C’est parce que je crois profondément qu’il faut parfois énormément de courage pour continuer à croire en une vision… même lorsque le chemin nous oblige à ralentir, à nous réinventer ou à recommencer.

